“Los Tres Arbolitos” de Clovis S. Palmer y “Árboles” de Joyce Kilmer

ZP_Árboles en Toronto A_Julio de 2013

Clovis S. Palmer

Los Tres Arbolitos”

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Es redondo el mundo que nadie no ve,

y hay árboles de todas necesidades.

Algunos puedan ser grandes – otros, pequeños

– o, quizás, como muñequitos.

Puedan variar los árboles, tamaño por tamaño,

Están vistos por todas partes – y entre diques también.

Y nadie sabe de donde vienen.

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Recordó mi mente unos tres arbolitos

– sobre una colina – a las tres y cuarto

, sobre una colina y junto al molino

– tres arbolitos con miembros oleandos.

Estaban allá – cansados, hambrientos

– y esperaban por un jarrito de cerveza.

Sin embargo, se quedaron dormidos,

con sus manos colgantes

– directo allí.

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Señor Palmer hoy es médico y escribió este poema cuando era niño de trece años (en 1987).  En ese tiempo vivía en su pueblito natal de Manchioneal, Distrito de Portland, Jamaïca.  Muestra el poema el “surrealismo natural” de la mente de la niñez.
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Clovis S. Palmer

Three Little Trees”

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The world is round, which no one sees,

Having trees of all different needs.

Some may be big, some may be small – or even like a little doll.

Trees may vary from size to size,

Trees are seen from miles to miles.

Trees are seen from dam to dam and no one knows where they came from.

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My mind went back on three little trees

Upon a hill – a quarter past three –

Upon the hill beside a mill, three little trees waving their limbs,

Hungry and tired the trees were there,

Waiting for a cup of beer.

Nevertheless, they fell asleep,

Having their hands hanging right there.

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This poem was composed in 1987, in Manchioneal, Portland Parish, Jamaica, when Dr. Palmer was 13 years old.  It displays the qualities of “natural surrealism” that only a child’s mind can create, whereas adults must strive greatly to see the world in such a way.

ZP_Árboles en Toronto B_Julio de 2013

Joyce Kilmer (1886-1918)

Árboles”

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Creo que nunca veré

un poema tan hermoso como un árbol.

Un árbol cuya boca hambrienta esté pegada

al dulce seno fluyente de la tierra;

un árbol que mira a Dios todo el día.

Y alza sus brazos frondosos para rezar.

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Un árbol que en verano podría llevar

un nido de petirrojos en sus cabellos;

en cuyo pecho se ha recostado la nieve;

quien vive íntimamente con la lluvia.

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Los poemas están hechos por bufones como nosotros,

Pero solo Dios puede hacer un árbol.

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Escrito en 1913, el poema “Árboles” es verso bien amado entre los hablantes del inglés americano y canadiense.  Claro, es muy sentimental – faltando los sellos distintos del modernismo – pero dura su estima popular porque las palabras son sinceras – de lo más hondo del corazón.
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Joyce Kilmer (1886-1918)

Trees”

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I think that I shall never see

A poem as lovely as a tree;

A tree whose hungry mouth is prest

Against the earth’s sweet flowing breast;

A tree that looks at God all day,

And lifts her leafy arms to pray;

A tree that may in summer wear

A nest of robins in her hair;

Upon whose bosom snow has lain;

Who intimately lives with rain.

Poems are made by fools like me,

But only God can make a tree.

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Written in 1913, when Kilmer was 26 years old, “Trees” would become his most famous poem – sentimental, yes, a breeze to memorize, true, and popular among several generations of Americans and Canadians for its sincere tone, its plain heartfelt-ness (and with God mixed into the verse).   Joyce Kilmer’s life was brief.   He worked for Funk and Wagnalls Dictionary updating definitions of ordinary English-language words at a nickel a pop.  When he had the chance to enlist during The Great War he was over to France in a jiffy, where he died from a German sniper’s bullet and was remembered by the men of his regiment for his valour and leadership abilities as sergeant.

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Versiones/interpretaciones en español:   Alexander Best

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“Je m’en vais…me retrouver”: Quatre Poètes Africains – et une Martiniquaise

Afrofest in Toronto_25th anniversary_July 7th 2013 C_photograph © Elisabeth Springate

Ozoua Soyinka   (Poétesse martiniquaise)

“Afrique, douceur musicale”

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Comment puis-je rester insensible

À la musique de la terre mère,

À la musique de mes racines?

Elle est bienfaisante et mélodieuse

Ses accords sont harmonie et symphonie à mon coeur

Je me sens revivre

Revivre et renaître à la fois.

Je frémis jusqu’au fond de mes tripes,

Je vibre à l’écoute de ses paroles,

Paroles non comprises pourtant.

Elle me parle et me touche profondément

M’apportant quelques instants de bonheur.

Que je n’oublierai jamais.

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“Belle, ô belle africaine”

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Je te vois belle ô belle Africaine

Onduler sous ton pagne

Marchant d’un pas leste

Courant presque

Où vas-tu?

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Mais où vas-tu donc?

Je m’en vais vers mon village

Le village de mes aïeux

Je m’en vais m’imprégner

De ma culture, de mon histoire.

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Je m’en vais écouter les anciens

M’instruire de leur savoir et de leur sagesse

Je m’en vais manger le foufou et le foutou

Je m’en vais par les sentiers

Retrouver ce qu’il y a

De plus profond en moi.

Je m’en vais…

Me retrouver.

Afrofest in Toronto_25th anniversary_July 7th 2013 B_photograph © Elisabeth Springate

Thierry Manirambona   (Burundais, né en 1982 au Rwanda)

“De mon tamtam”

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de mon tamtam, je fais la guerre aux fausses couches:

un souvenir abortif d’une bague incolore

qui, pendant des épopées de chagrin,

enfermait prisonnière toute une vie de femme

dans des tourments sans fin:

les fausses couches

des flammes qui s’éteignent à petites flammes

des batailles de mémoires

contre des obsessions immobiles

un essaim longtemps enfermé dans une ruche empoisonnée

un essaim qui s’affranchit et se dresse en totem de délivrance.

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Toussaint Kafarhire Murhula   (né en 1973, République Démocratique du Congo)

“De l’autre côté du mur”

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De l’autre côté du mur,

Mon passé, ma religion, mes dieux!

De l’autre côté du mur

Mon histoire niée; annihilée

Prisonnier du présent,

Bâtard culturel,

Orphelin

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De l’autre côté  du mur,

Plus des contes chantés

Les saisons immémoriales ont fané

Le mur géant de l’imaginaire accepté

Se dresse infranchissable!

Ceux qui ont tenté de l’escalader

Embrasser de vue l’horizon de la liberté

Sont tous tombés de vertige,

Mort nette,

suicide!

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Le passé noir est un trou béant

Ne regardez plus du côté du mur

Sortilèges et malédictions l’entourent

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Pourtant de l’autre côté  du mur,

Irresistible attraction des couleurs

Des odeurs et des senteurs sauvages

De l’autre côté du mur

Mon identité niée m’appelle,

Et me rappelle,

C’est aussi l’autre Afrique

Que je dois inventer avec fierté.

Afrofest_25th anniversary July 2013_photo copyright Elisabeth Springate

Viviane Lamarlère   (née en 1956, Côte d’Ivoire)

“Tombée du jour à Yaoundé”

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Quand mon entendre allait

aux patiences du ciel,

fruitées, blanches, qui luttent

je sentais,

de vert en vert emportant les collines

en peur, le temps glisser.

Quelques enfants riaient sous l’odeur encore vive

qui remontait la rue

épices métissées

orages étouffés.

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Toutes proches

des voix baignées dans l’eau de tombe.

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À l’heure dite,

la nuit comme une écharde subite.

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Plus lents alors les bruits,

plus sourds les gestes ouvrant d’ombre

un temple surgi des arbres.

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Paroles étirées

comme des berges sombres

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Les heures nous renonçaient.

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Amadou Elimane Kane   (Sénégal)

“Cité Africaine de la Renaissance”

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Je songe à la Renaissance

Debout comme un ciel perlé de soleil

Dans l’allée des flamboyants

Frissonnant dans l’espérance

Regardant ces enfants à mes enfants

Si je songe au passé

O mémoire, souviens-toi

Ta lumière arrive

Un nouveau jour va venir

Et ce sera l’espérance

Ô mémoire, souviens-toi

Que j’appartiens

Au continent des flamboyants

De la Renaissance!

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© Tous les droits des auteurs de ces textes sont réservés.

Nous remerciions à ELISABETH SPRINGATE pour ses photographies du festival de la musique panafricaine à Toronto, Canada – Afrofest (7 juillet 2013).

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