Lupicínio Rodrigues: “Volta” / “Come back to me”

 

“Volta” 

(Letras/música:  Lupicínio Rodrigues, compositor brasileiro, 1914-1974:

canção cantada por Gal Costa, 1973)

.

Quantas noites não durmo

A rolar-me na cama

A sentir tantas coisas

Que a gente não pode explicar – quando ama.

.

O calor das cobertas

Não me aquece direito

Não há nada no mundo

Que possa afastar esse frio do meu peito.

.

Volta,

Vem viver outra vez ao meu lado

Não consigo dormir sem teu braço

Pois meu corpo está acostumado.

.

Volta,

Vem viver outra vez ao meu lado

Não consigo dormir sem teu braço

Porque meu coração está acostumado…

.     .     .

“Come back”

(words and music by Lupicínio Rodrigues, Brazilian composer, 1914-1974:

as sung by Brazilian singer Gal Costa, 1973)

.

How often I can’t sleep!

– tossing and turning in bed –

Feeling so many things

That people – who are in love – cannot explain.

.

The heat of the blankets

Doesn’t warm me well

And there’s no-one in this world

Can keep this chill from my breast.

.

Return to me,

Come live again at my side

I can’t keep sleeping without your arms around me

–  well, my body’s grown used to you!

.

Come back,

And live once more by my side

I can’t go on sleeping without your embrace

– and my heart’s accustomed to you now…

.

Translation/interpretation from the Portuguese:   Alexander Best


Poèmes de l’Angola et du Mozambique: Neto, Nogar, Rocha, Tavares et White

 

Agostinho Neto

(1922-1979, Angola)

.

Nuit

.

Je vis

dans les quartiers sombres du monde

sans lumière et sans vie.

.

Je marche dans les rues

à tâtons

appuyé sur mes rêves vagues

trébuchant sur l’esclavage

dans mon désir d’être.

.

Ce sont des quartiers d’esclaves

des mondes de misère

des quartiers sombres.

.

Où les volontés se sont diluées

et où les hommes se sont confondus

avec les choses.

.

Je marche en tâtonnant

dans les rues sans lumière

inconnues

encombrées de mystique et de terreur

bras dessus bras dessous avec les fantômes.

.

La nuit aussi est sombre.

 

 

.

Traduit du portugais par Jean-Michel Massa

 

.     .     .     .     .

 

Rui Nogar

(1935-1993, Mozambique)

.

Altruisme (au nom de Lavoisier)

.

Je veux mourir

en temps voulu

.

avec un cercueil de plomb

des larmes familiales

et un cadavre symétrique

.

mais un prêtre non              mère

prends patience

le ciel que tu me destinais

sera le sol qui m’accueillera

.

et quand personne

ne fera attention

et que le plomb se fatiguera de la géométrie

et que tous me trouveront inutile

.

je retournerai à la terre                    en douceur

et                 de plein gré

de plein gré                           je vous le jure

.

Je rassasierai

des milliers de parasites

.

ceci             pour qu’on ne dise pas

que je n’ai servi à rien.

 

 

.

Traduit du portugais par Marie-Claire Vromans

 

.     .     .     .     .

 

Jofre Rocha

(né en 1941, Angola)

.

Poème du Retour

.

Quand je rentrerai du pays de l’exil et du silence,

ne m’apportez pas de fleurs.

.

Apportez-moi plutôt toutes les rosées,

larmes d’aurores qui ont accompagné les drames.

Apportez-moi l’immense faim d’amour

et la plainte des sexes turgescents dans la nuit constellée.

Apportez-moi la longue nuit d’insomnie

des mères pleurant leurs bras vides d’enfants.

.

Quand je rentrerai du pays de l’exil et du silence,

non, ne m’apportez pas de fleurs…

.

Apportez-mois seulement, oh oui,

l’ultime désir des héros tombés à l’aube

une pierre sans ailes dans la main

et un filet de colère s’échappant de leurs yeux.

 

 

.

Traduit du portugais par Michel Laban

 

.     .     .     .     .

 

Paula Tavares

(neé en 1952, Angola)

.

“Les choses délicates se traitent avec soin.”

(Philosophie de Cabinda)

.

Tu m’as désossée…

.

Tu m’as désossée

soigneusement

m’inscrivant

dans ton univers

comme une blessure

une prothèse parfaite

maudite nécessaire

tu as détourné mes veines

pour qu’elles se vident

dans les tiennes

irrémédiablement

en toi un demi-poumon respire

l’autre, que je sache

existe à peine

.

Aujourd’hui je me suis levée tôt

j’ai enduit de “tacula” * et d’eau froide

mon corps enflammé

je ne battrai pas le beurre

je ne mettrai pas la ceinture

J’IRAI

vers le sud sauter l’enclos.

 

.

“tacula” * – poudre rouge utilisée comme cosmétique

.

Traduit du portugais par Michel Labon

 

.     .     .     .     .

 

Eduardo White

(né en 1963, Mozambique)

.

Nous sommes vieux.

Je suis vieux, émasculé.

Mais peut-être l’enthousiasme par lequel cet amour

a commencé

n’a-t-il maintenant plus d’importance,

pas plus peut-être que

l’office des corps,

le feu, l’eau, la vigueur;

et l’amour, mis en retraite

de tout cela,

vit maintenant de l’amitié

de ces deux vieux animaux

que nous sommes

si avertis.

.

Ce n’est pas de chanter qu’il vivra,

ni de se donner,

ni d’exister,

mais d’avoir fait

tout cela.

 

 

.

Traduit du portugais par Michel Laban

*

Poèmes d’une anthologie de l’éditeur Bernard Magnier

© les poètes eux-mêmes – ou leurs ayants droit


” Cette liberté d’écrire est une force étrange! ” : Six poètes du Nigeria

 

John Pepper Bekederemo Clark

(né en 1935)

Abiku*

*(Selon une croyance Yoruba, l’Abiku est

l’enfant qui ne cesse de mourir et renaître.)

.

Tu vas tu viens depuis tant de saisons

Reste donc dehors sur le baobab

Suis où tu veux tes esprits familiers

Si la maison ne peut pas tu suffire.

C’est vrai, elle fuit, le chaume

Laisse passer le flot lorsqu’il déborde

Et les chauves-souris, les chouettes

Souvent la nuit s’engouffrent sous le toit.

Et quand vient l’harmattan les parois de bambou

Sont toutes prêtes pour le feu

Qui sèche le poisson sur les claies.

Elle a été pourtant la réserve salubre

De bien des doigts, et tant d’autres viendront

Tendus vers le soleil.

Cesse donc enfin d’enjamber notre seuil

Entre et demeure pour de bon.

Nous le savons, les cicatrices

Qui te strient le ventre et le dos

Comme par le bec de l’espadon

Et tes deux oreilles marquées

Comme d’un esclave domestique

Sont les traces de tes premiers passages.

Alors entre, entre pour de bon

Car ta mère a le corps fatigué

Fatigué, et le lait a surgi

Où tant de bouches réjouissent le coeur.

 

 

.

Traduit de l’anglais par Etienne Galle

 

*

 

Ewi Adebayo Faleti

(né en 1935)

Le Silence du Poète

.

Le jour où vous voyez un poète qui se tait

Ne soyez pas fâchés, il parle en son coeur.

Le jour où vous rencontrez un poète qui ne parle pas,

Ne soyez pas fâchés, il parle en son coeur.

Mais qui connaît les pensées du poète?

Qui peut connaître les pensées dans le coeur du sage?

Qui peut connaître le chant au bord des lèvres du chanteur?

L’eau qui n’impressionne pas le fermier,

Peut atteindre le coeur du poète, devenir océan,

Elle peut atteindre le coeur du poète, devenir lagune.

El la tempête qui connaît l’océan et la lagune,

Peut atteindre le coeur du poète

Et devenir brise.

Le coeur du poète accepte la lie,

Et il accepte le limon

Et l’eau claire de la source.

Mais si vous rencontrez un poète

Qui a la tête a l’envers et se tait

Ne soyez pas fâchés, ne dites pas de mal de lui.

En son coeur, le poete parle.

 

 

.

Traduit de Yoruba par Michka Sachnine

 

*

 

Onuora Ossie Enekwe

(1942 – 2010)

Avant la Guerre

.

Bêtes de la jungle

aux ongles de feu

surgissant bondissant

morsure et mare de sang

Dans la cité

langues d’acide

visages de flamme

regards de braise

Le poison pullule

au coeur de la nuit

les sorcières et les vautours copulent.

 

.     .     .

 

Après la Guerre

.

Dans la sombre cité des morts

par les rues solitaires

les chiens aboient sur les ombres rampantes

Par-dessus la rivière des murmures

le vent hurle ses saluts

Sous un lit

du village désert

un cadavre criblé de balles

mûrit ses os.

 

.

Traduit de l’anglais par Etienne Galle

.     .     .     .     .

 

 

Dan Anace

Shago

.

Le monde est un lieu où on laisse les autres

le monde est la danse des filles

celui qui est devant s’en va derrière

à l’heure du champion il n’y a qu’un champion

à l’heure des uns il n’y en a pas d’autres

un jour, par Allah, un autre jour

ce sera les autres, ce ne sera plus nous

et même si nous sommes là, ce sera sans force

et nous serons assis à côté de l’arène

et nous nous contenterons de crier

ce monde m’est doux aujourd’hui

ce monde un autre jour me sera amer

alors je serai mort ou vieillissant

un jour tu me verras incapable de jouer

les jours passent

Allah mène le jeu

par Allah, un jour, un autre jour

les jours passent, un homme s’en est allé

d’autres jours passent, un homme s’en est allé

et tu entends les proches qui pleurent

et c’est le jour où l’on partage ses biens.

 

 

.

Traduit du Haoussa par Etienne Galle

 

*

 

Regina Eziagulu Obakhena

Calamité

.

Tout comme la rosée sur la montagne

Tout comme l’écume sur la lessive

Tout comme l’inondation

Tout comme la tornade

Tout comme les pluies torrentielles

La Véracité s’en est allée

Les humains sont devenus des bêtes dans l’énorme forêt.

 

.     .     .

 

Le Bon Roi

.

Le roi te demande de parler

De dire ce qui est bon pour l’oie et pour le jars

La joie du peuple est la probité du roi

Notre roi l’a promis:

“La buse se perchera,

L’aigle se perchera”.

Le village qui aime le roi aime Dieu

Le village qui combat pour le roi combat pour Dieu

Le roi qui aime ses sujets pleure la mort du plébéian.

 

 

.

Traduit d’après une traduction anglaise de l’auteur

par Etienne Galle

 

*

 

Onookme Okome

(né en 1960)

Mon coeur a dit des choses

.

Cette liberté d’écrire est une étrange force!

Soudain sur une étrange idée suppliant

j’entends s’ouvrir un coeur,

puis choir prudentes les pages réprimées

du coeur,

je vois un peuple perdu dans la contrainte des choses

sans espoir, et je sais:

.

le silence en mon coeur a dit des choses

que je n’ai pas notées au registre sénatorial:

Je me rappelle la dernière saison, nous récoltions

les rires déchaînés dans les granges, maintenant

les poutres sont désertes;  remplies de visages abattus.

.

Cette liberté d’écrire est une force étrange!

La légèreté de l’être m’entraîne

en cette folie

qui me laisse libre d’écrire.

 

 

.

Traduit de l’anglais par Etienne Galle

 

.     .     .     .     .

Tous les poèmes:  d’une anthologie par Bernard Magnier

© :  les auteurs des poèmes – ou leurs ayants droit


Dos poemas para Yom Kipur / Two poems for Yom Kippur: Jane Kenyon, Mary Oliver + תשובה

Este año, Yom Kipur – la conmemoración del Día de la Expiación y del Perdón – cae en el 25 y 26 de septiembre.  Estos dos poemas, eligidos por la Rabina Rachel Barenblat, se tratan – elipticamente, oblicuamente – del sujeto de Teshuvá.   Teshuvá (en hebreo תשובה) es la práctica de volver a las raíces de la fe.  Incluye el esfuerzo del individuo hacia un sentido de arrepentirse de los pecados propios de una forma significativa y sincera…

*

This year Yom Kippur – the Day of Atonement and Forgiveness – begins at sunset on September 25th and continues through the 26th.  The two poems featured here – chosen by Rabbi Rachel Barenblat – are about Teshuvah, although indirectly, elliptically so.  Teshuvah involves a “return” to the roots of the faith, and includes each individual’s effort to feel repentant, genuinely sorry for, the wrongs he or she has done to another.  When there is deep, meaningful sincerity to this spiritual process it is often reciprocated through forgiveness by the one who was wronged…

 

.

 

Jane Kenyon (1947-1995)

“Sola por una semana”

.

Hice una lavada de ropa

y la colgué para secar.

Subí al pueblo después fui al centro

y me entretuve todo el día.

La manga de tu camisa más fina

ascendió solemnemente

cuando llegaba en el carro

nuestras ropas de dormir

se enlazaron y desenlazaron

en una pequeña ráfaga de viento.

Para mí se estuvo haciendo tarde; estaba

para ti, donde estabas – no.

La luna de otoño estaba llena

pero las nubes escasas hacían su luz

no exactamente fidedigna.

La cama en tu lado parecía

ancha y llana como Kansas;

tu almohada estaba rellena, fresca, alegórica…

 

*

 

Jane Kenyon (1947-1995)

“Alone for a week”

.

I washed a load of clothes

and hung them out to dry.

Then I went up to town

and busied myself all day.

The sleeve of your best shirt

rose ceremonious

when I drove in; our night-

clothes twined and untwined in

a little gust of wind.

For me it was getting late;

for you, where you were, not.

The harvest moon was full

but sparse clouds made its light

not quite reliable.

The bed on your side seemed

as wide and flat as Kansas;

your pillow plump, cool,

and allegorical…

 

_____

 

Mary Oliver (nace 1935)

“El Viaje”

.

Por fin un día supiste

lo que tenías que hacer, y empezaste,

aunque las voces alrededor de ti

siguieron gritando

su mal consejo – aunque toda la casa

comenzó a temblar

y sentiste el jalón familiar

a tus tobillos.

“¡Arregla mi vida!”

gritó cada voz.

Pero no te detuvistes.

Supiste lo que tenías que hacer

aunque los dedos rígidos del viento

curiosearon aún en los fundamentos

aunque era terrible su melancolía.

Ya estaba bastante tarde

y una noche furiosa,

y el camino lleno de ramas y piedras caídas.

Pero, poco a poco,

como dejaste atrás sus voces,

las estrellas comenzaron a quemar

por las capas de nubes,

y había una fresca voz

que reconociste lentamente,

que te acompañaba

mientras que cruzaste a grandes zancadas

más y más en lo más hondo del mundo,

estando decidido a

hacer la sola cosa que podías hacer –

estando empeñado a salvar

la única vida que podías salvar.

 

*

 

Mary Oliver (born 1935)

“The Journey”

.

One day you finally knew

what you had to do, and began

though the voices around you

kept shouting

their bad advice—

though the whole house

began to tremble

and you felt the old tug

at your ankles.

“Mend my life!”

each voice cried.

But you didn’t stop.

You knew what you had to do,

though the wind pried

with its stiff fingers

at the very foundations,

though their melancholy

was terrible.

It was already late

enough, and a wild night,

and the road full of fallen

branches and stones.

But little by little,

as you left their voices behind,

the stars began to burn

through the sheets of clouds,

and there was a new voice

which you slowly

recognized as your own,

that kept you company

as you strode deeper and deeper

into the world,

determined to do

the only thing you could do—

determined to save

the only life you could save…

 

.     .     .     .     .

Traducción del inglés al español  /  Translation from English into Spanish:

Alexander Best,  Lidia García Garay


“Yancuic Xochicuicatl”: Poemas náhuatl para celebrar el Día de la Independencia – ¡Vivan las lenguas indígenas mexicanas, hoy y siempre! / Poems to celebrate México on Independence Day – Long live Her Indigenous Languages, Today and Always!

 

Natalio Hernández (nace 1947, Naranjo Dulce, Veracruz)

Selecciones del poemario Semanca Huitzlin

/ Colibrí de la Harmonía

/ Hummingbird of Harmony (2005)

 

.

 

“Yancuic Xochicuicatl”

 

Huetzis atl

huetzis atl

tiyolpaqui

huetzis atl,

tiyolpaqui

huetzis atl.

.

Huala atl

huala atl

tepetzala

huala atl,

tepetzala

huala atl.

.

Cuali atl

cuali atl

yatihnequi

cuali atl,

yatihnequi

cuali atl

.

Xochi atl

xochi atl

huetztihuala

.

xochi atl,

huetztihuala

xochi atl.

.

Huetzis atl

huetzis atl

tiyolpaqui

huetzis atl,

tiyolpaqui

huetzis atl.

.

“Yancuic Xochicuicatl”:  Traducción en inglés / translation into English:  Donald Frischmann

.

 

“New Flowers, New Songs”

 

It will rain

It will rain

we are happy

it will rain

we are happy

it will rain.

.

Rain is coming

rain is coming

o’er the hills

rain is coming

o’er the hills

rain is coming.

.

Good pure water

good pure water

we now wish for

good pure water

we now wish for

good pure water.

.

Flowered water

flowered water

is now falling

flowered water

is now falling

flowered water.

.

It will rain

it will rain

we are happy

it will rain

we are happy

it will rain.

Note:  the words Flower + Song together in Náhuatl mean “Poetry”.

The phrase in Náhuatl is:   ” in xochitl in cuicatl “

.

 

“Yancuic icuic Monteso Xocoyotzin”

 

Ximosehui tetahtzin

ximoyolsehui

xihcahua cuesoli

amo ximotequipacho;

nican tlachixtoque:

moconehua

mopilhuan

motlacamecayo,

ipan Mexihco totlalnantzin

nican titlachixtoque.

.

Xihuicahuitl panoc

panoc xopanatl;

ehecatl quihuicac cuesoli

quisehui choquilistli

quipahti totlacayo

quitlalochti mahmahtli.

Yancuic tonati

tech tlahuiltihuala.

.

Ximosehui tetahtzin

ximoyoltlali

amo nempolihuis in altepetl

chamanis totlahtol.

Nochipa manis in ixtli,

in yolohtli

in tlacamecayotl,

in xicnelhuayotl.

 

 

“Canto Nuevo a Moctezuma Xocoyotzin”

 

Reposa venerable viejo

apacigua tu corazón

abandona la tristeza

ya no te aflijas;

aquí permanecemos:

tus hijos

tus príncipes

tu linaje,

en la nación mexicana

aquí permanecemos.

.

Han pasado los años

la tempestad ya pasó;

El viento recogió nuestra tristeza

secó nuestras lágrimas

restauró nuestras heridas

ahuyentó el miedo.

Un nuevo sol

ya nos alumbra.

.

Reposa venerable viejo

tranquiliza tu corazón;

permanecerá el pueblo

renacerá la palabra.

No perecerá el rostro,

el corazón,

el linaje,

la raíz antigua.

 

.     .     .     .     .

 

“El Ritmo del Tiempo”

 

Todo a su debido tiempo…ni antes ni después.

Al año reverdece el campo.

El sol brota en el horizonte cuando la noche recoge su manto.

El hombre madura cuando el otoño llega y los árboles pierden sus hojas…

ni antes ni después.

El colibrí / huitzilin, inverna seis meses al año

y despierta cuando llega Xopantla / la primavera.

Ocurre lo mismo con el amor:  llega con el tiempo…ni antes ni después.

 

.

 

“The Rhythm of Time”

 

In due course everything has its time…not before, not after.

The countryside greens up during the passage of the year.

The sun sprouts from the horizon when night gathers up its cloak.

Man matures when autumn comes and the trees lose their leaves

…not any sooner than that, not any later.

Hummingbird / Huitzilin* winters away for half the year

and awakes when Xopantla** / Spring arrives.

The same occurs with Love:

It comes with time…neither too soon, nor too late.

 

.

*Huitzilin  –  Náhuatl word for hummingbird

**Xopantla  –  Náhuatl word for spring

.

“El Ritmo del Tiempo”:  Traducción del español al inglés:   Alexander Best

“The Rhythm of Time”:  Translation from Spanish into English:   Alexander Best


Poemas náhuatl para celebrar el Día de la Independencia mexicana: “dos flores” de Juan Hernández Ramírez

 

Juan Hernández Ramírez

(nace 1951, Colatlán, Veracruz)

Dos poemas del poemario Chikome xochitl / Siete-flor

 

“Miauaxochitl”

 

I

Ipan ueyatl axiuitik sintli

Makuilxochitl kipatlaua imamal.

Kueponi miauatl.

Xali xochitl tiokuitlatik.

In ajuechkali

moxochitlakentijtok.

San eltok kuikatl tlatsotsontli.

II

Tlilelemeka tonatij itsonkal

ipan sintli itlakayo.

Moxochiotlaltok Xilonen.

Pankistok siltik tlilelemektli.

Tlixochitl

toselik nakayo.

Ketsalxochimej kali.

III

Chichiltik, yayauik, chipauak, kostik

ikuetlaxo itlapoyauilis.

Tien sintli tlayoli.

Ika xochitl mokuachijchijtok Senteotl.

Kuika miauatototl.

In chalchiuitl uitsitsilij,

ika xochitl moiuintia.

IV

Kostik xochitl tlaixpaj.

Kantelaj tlauili.  Kopalij ipokyo.

Tokistli tiochiualistli.

Tlali, se uinoj tlatsikuintli,

inik tlakatl seyok.

Xochimej, inik matlaeli.

Tlapojtok tlali, tlaoli kiselia.

V

Ipan youali tlakoyoyan kochki,

ajuechtli kiauitl issa.

Sintoktli.

Ipan kalejekatl yoltok.

Ipan tlauiltlalpan moskaltia,

xochiketsal ikuaxanko.

Xoxoktik xiuitl papalotl.

VI

Ketsaltototl kitlalana ipatlanil,

uiuipika sintli ixouiyo.

Ipan xoxouik xopantla tlali

tlen tlauili kuauitl moskaltia.

Kuikaya Xochitototl.

Tlapouij xiuimej

ipan yolistli.

VII

Ipan tonatij ichaj yoltok.

Tlen yolistli tiokuitlatl yoltok,

kostik sintlayoli.

Xoxoktik mestli xiuimej

itsajla tiotlatik tlauili uiuipikaj.

Tsaktok xochikoskatl.

Patlantok uitsitsilij.

 

 

“Espiga de maíz”

 

I

Sobre el verde mar del maíz

Su manto extiende Macuilxóchitl.

Brota la espiga.

Dorada flor de arena.

La casa del rocío

está vestida de flores.

Prevalece la música y el canto.

II

Arde la cabellera del sol

sobre el cuerpo del maíz.

Xilonen ha florecido.

La fina llama ha brotado.

Flor de fuego

nuestra tierna carne.

Casa de preciosas flores.

III

Amarillo, blanco, negro, rojo,

los matices de su piel.

El grano de maíz.

Centeotl, de flores está adornado.

Canta el pájaro espiga.

El colibrí de jade

se embriaga con las flores.

IV

Altar de flores amarillas.

Luz de velas.  Humo de copal.

Rito de la siembra.

Un trago de aguardiente a la tierra,

otro para el hombre.

Para la abundancia, flores.

La tierra abierta, recibe la semilla.

V

Ha dormido en el lugar de la noche,

despierta bajo la lluvia del rocío.

La mata de maíz.

Vive en la casa de los vientos.

Crece en la tierra de luz,

regazo de Xochiquetzal.

Mariposa de hojas verdes.

VI

Alza su vuelo el quetzal,

La hoja del maíz se estremece.

En la tierra verde-primavera

Crece el árbol de la luz.

Ya canta el pájaro flor.

Las hojas se abren

A la vida.

VII

Vive en la casa del sol.

El oro vivo de la vida,

dorada semilla de maíz.

Las hojas verde-luna

tiemblan bajo la luz atardecida.

Se ha cerrado el collar de flores.

El colibrí ha volado.

 

.     .     .     .     .

 

“Sempoalxochitl”

 

I

Kokitl itlauil

ipan yayauik ejekatl.

In kostik xochitl.

Ipan ejekatl tiokuitlaxochipetlatl

tlen tlali iijtiko pamitl.

Tlauili iuan tsintlayouali,

Sempoalxochitl.

II

Ika kostik xochitl

kisusua kauitl Xiutekojtli.

Tlixochimej.

Sesentsitsij xochimej moilpiaj

ketsalijuitl kiijitiyouij

kalmiktlampa inik ojtli.

Xochikoskatl.

III

Ipan kostik tlailpili

Tlen ikuaixuak tlajtsoyoj,

Moketstok kauitl.

In mijkatsij xochimej,

tiopantlauili kitemouaj

ipan youalkali.

In tlanestli sitlalij, inik tonali.

IV

Tiitstokeya nikanij,

¿Kanji tonejnemil techuikas?

¿ueslis ipan tonatij iojui?

Tiitstokeya nikanij.

Kostik xochimej tijtlachiliaj

iijuiyo tonatitototl tikitaj.

¿Temiktli in yolistli?

V

Nejnemi Tlitekojtli

ika miktokej yaotlakamej

ika siuamej miktokej ipan mixiuili.

Sempoalxochitl xochimej

tlapalmej totomej,

konemej, siuamej iuan tlakamej.

Tonatij iixpaj iichaj.

VI

Ika totomej ejekatl iniuaya

kuikatl iuan ajuechtli kimoyauaj.

Atl ikechkuayo.

Ipan yeuatsinko kuikaj texiuitik totomej,

tlen youaltotomej in tiotlak.

Tlauili iuan tsintlayouali.

Mikilistli iuan yolistli.

VII

Tiitstokejya nikanij

ika chichiltik xochitl titlakajtokej

ika kostik xochitl tikisteuasej.

In xiutototl techtlauilia

tlen mitlampa ojtli.

Ipan ojtli eltlapaltipaj tiyajtiasej

ika xochimej paxalouanij.

 

.

 

“Flor de Muerto”

 

I

Luz de luciérnaga

en el viento negro.

La flor amarilla.

Pétalos de oro al viento

dentro del surco de la tierra.

Oscuridad y luz,

Sepoalxóchitl.

II

Con flores amarillas

Xiutecojtli engarza el tiempo.

Flores de fuego.

Una a una se anudan las flores

tejiendo el fino plumaje

para el camino a casa de la muerte.

Collar de flores.

III

En el nudo amarillo

bordado en la frente,

se ha detenido el tiempo.

Las flores de la muerte,

buscan el temple de la luz

en la casa de la noche.

Para el espíritu, la estrella del alba.

IV

Ya estamos aquí,

¿dónde nuestros pasos nos llevarán?

¿acaso por los caminos del sol?

Ya estamos aquí.

Contemplamos las flores amarillas,

miramos el plumaje del pájaro sol.

¿Es la vida sueño?

V

El Señor del fuego camina

con los guerreros muertos,

con las mujeres el el parto muertas.

Son flores de cempoalxóchitl

las aves de colores,

los niños, mujeres y hombres.

Su hogar de cara al sol.

VI

El viento aliado con los pájaros,

esparcen el canto y el rocío.

La garganta es de agua.

Cantan pájaros azules en la aurora,

la tarde es de las nocturnas aves.

Luz y oscuridad.

Muerte y vida.

VII

Ya estamos aquí

con flores rojas hemos nacido,

con flores amarillas hemos de partir.

El pájaro solar “xiutototl” nos alumbra

camino a la morada de los muertos.

Nos hemos de ir en alas por la senda,

con las viajeras flores.

.     .     .     .     .

“Chikome xochitl” / Siete-flor, alude al maíz que, junto con semillas del chile-tomate-algodón-amaranto-ajonjolí

– y de la calabaza — constituyen el símbolo náhuatl de las siete flores.

.     .     .     .     .

 

“Ear of Corn”

 

I

On the green sea of corn

Macuixóchitl extends his mantle.

The ear of corn ear comes out.

Golden flower of sand

The dew’s home

is dressed with flowers.

Music and song abound.

II

The sun’s radiance

on the corn’s body.

Xilonen has blossomed.

The fine flame has sprouted

Fire flower

our tender flesh.

House of precious flowers.

III

Yellow, white, black, red.

nuances of the skin.

The corn grains.

Centeotl, adorned with flowers.

The corn-ear bird sings.

the jade hummingbird

gets drunk with the flowers.

IV

Altar of yellow flowers.

Candlelight. Smoke of “copal”.

Sowing rites.

A drink of liquor for the land,

another one for man.

For abundance, flowers.

The open earth receives the seed.

V

It has slept in the night’s home,

wakes up under the dew’s rain

- the corn plant.

Lives in the house of winds.

Grows in the land of light,

Xochiquetzal’s lap.

Green-leafed butterfly.

VI

The “quetzal” takes flight

the maize leaf trembles.

In the land of green-spring.

The tree of light grows.

The flower-bird sings.

The leaves open up.

To Life.

VII

Lives in the house of the sun.

The living gold of life

- golden seed of corn.

With green-moon leaves

a-hiver under the evening light.

The flower necklace is closed.

The hummingbird has flown….

 

 

“The Flower of The Dead”

 

I

Glow-worm light

in the black wind.

Yellow flower.

Free-standing petals of gold.

Inside the ground’s furrow.

Darkness and light,

Sempoalxóchitl.

II

With yellow flowers

Xiutecojtli catches time.

Flowers of fire.

The flowers come together, one by one

knitting fine plumage

on the road to the house of death.

Flower necklace.

III

In the yellow knot

embroidered on the forehead,

time has stopped.

The flowers of death.

Seeking the temple of light

in the house of night.

For the spirit, the star of dawn.

IV

We’re here,

Where will our steps lead us?

Maybe to the paths of the sun?

We’re here.

Gazing at the yellow flowers,

Looking at the sun-bird’s plumage.

Is Life a dream?

V

The Lord of fire walks

with the dead warriors,

with the women who died in labour.

The “cempoalxóchitl” flowers

are birds in all colours.

Children, women and men.

Their home facing the sun.

VI

The wind and the birds together,

scatter song and dew.

Their throats – made of water.

The blue birds sing at daybreak,

and evening belongs to the night birds.

Light – Darkness,

Death and Life.

VII

We’re here

we were born with red flowers,

with yellow flowers we will leave.

The solar bird “xiutototl” shines on us.

On the way to the home of the dead.

And we must fly on that path

- with the travelling flowers.

 

.

Traducción del español al inglés / Translation from Spanish into English:

Lidia García Garay


Poemas para el Día de la Independencia: perspectivas frescas sobre Malinalli / Doña Marina / Malintzin / La Malinche – de los poetas Rosario Castellanos y Claribel Alegría

 

Rosario Castellanos (1925-1974, México)

“La Malinche”

 

Desde el sillón del mando mi madre dijo: “Ha muerto”.

.

Ya se dejó caer, como abatida,

en los brazos del otro, usurpador, padrastro

que la sostuvo no con el respeto

que el siervo da a la majestad de reina

sino con ese abajamiento mutuo

en que se humillan ambos, los amantes, los cómplices.

.

Desde la Plaza de los Intercambios

mi madre anunció: “Ha muerto”.

.

La balanza

se sostuvo un instante sin moverse

y el grano de cacao quedó quieto en el arca

y el sol permanecía en la mitad del cielo

como aguardando un signo

que fue, cuando partió como una flecha,

el ay agudo de las plañideras.

.

“Se deshojó la flor de muchos pétalos,

se evaporó el perfume,

se consumió la llama de la antorcha.

.

Una niña regresa, escarbando, al lugar

en el que la partera depositó su ombligo.

.

Regresa al Sitio de los que Vivieron.

.

Reconoce a su padre asesinado,

ay, ay, ay, con veneno, con puñal,

con trampa ante sus pies, con lazo de horca.

.

Se toman de la mano y caminan, caminan

perdiéndose en la niebla.”

.

Tal era el llanto y las lamentaciones

sobre algún cuerpo anónimo; un cadáver

que no era el mío porque yo, vendida

a mercaderes, iba como esclava,

como nadie, al destierro.

.

Arrojada, expulsada

del reino, del palacio y de la entraña tibia

de la que me dio a luz en tálamo legítimo

y que me aborreció porque yo era su igual

en figura y rango

y se contempló en mí y odió su imagen

y destrozó el espejo contra el suelo.

.

Yo avanzo hacia el destino entre cadenas

y dejo atrás lo que todavía escucho:

los fúnebres rumores con los que se me entierra.

.

Y la voz de mi madre con lágrimas ¡con lágrimas!

que decreta mi muerte.

 

.     .     .

El poema “La Malinche” – del poemario Poesía no eres tú (1972) – es uno de varios textos de Castellanos que revisa y reinterpreta figuras famosas femeninas.

.     .     .

 

Rosario Castellanos (1925-1974, México)

“La Malinche”

 

From her royal throne my mother announced: “She is dead”.

.

And then she collapsed, humbled,

in the arms of the other, the usurper, my stepfather

who sustained her not with the respect

a servant owes to the majesty of a queen

but with the mutual submissiveness

with which lovers, accomplices, abase themselves.

.

From the Plaza de los Intercambios

my mother announced: “She is dead.”

.

The scale

remained immobile for an instant

the cacao bean reposed quietly in its chest

the sun stood still in the sky’s zenith

as if awaiting a sign

which was, when it shot out like an arrow,

the penetrating cry of the mourners.

.

“The many-petaled flower has withered

the perfume has evaporated

the torch’s flame extinguished.

.

A girl returns, scratching at

the spot where the midwife left her navel.

.

She returns to the Place of Those who have Lived.

.

She beholds her father, murdered,

ay, ay, ay, with poison, with a dagger,

with a trap set before his feet, with a hangman’s noose.

.

Taken by the hand, she and they walk, they walk,

losing themselves in the fog.”

.

Such was the weeping and lamentation

over an anonymous corpse; a cadaver

that was not mine, because I, sold to

the merchants, went forth to exile like a slave,

a pariah.

.

Expelled, cast out from

the kingdom, from the palace and warmth

of her who gave honest birth to me

and who despised me because I was her equal

in figure and rank

she who saw herself in me and hated her image

and dashed the mirror to the ground.

.

I go, in chains, toward my destiny

and am followed still by the sounds

of the mournful chants with which they bury me.

.

And the voice of my mother in tears – in tears! -

that decries my death.

 

 

Translation from Spanish into English:  © Julian Palley, 1988

_____

 

Claribel Alegría (nace 1924, Nicaragua/El Salvador)

“La Malinche”

 

Estoy aquí

en el banquillo de los acusados

dicen que soy traidora

¿a quién he traicionado?

era una niña aún

cuando mi padre

es decir

mi padrastro

temiendo que su hijo

no heredara las tierras

que a mí correspondían

me condujo hacia el sur

y me entregó a extraños

que no hablaban mi lengua.

Terminé de crecer en esa tribu

les servía de esclava

y llegaron los blancos

y me entregaron a los blancos.

¿Qué significa para ustedes

la palabra traición?

¿Acaso no fui yo la traicionada?

¿Quién de los míos vino a mi defensa

cuando el primer blanco me violó

cuando fui obligada

a besar su falo

de rodillas

cuando sentí mi cuerpo desgarrarse

y junto a él mi alma?

Fidelidad me exigen

ni siquiera conmigo

he podido ser fiel.

Antes de florecer

se me secó el amor

es un niño en mi vientre

que nunca vio la luz

¿Qué traicioné a mi patria?

Mi patria son los míos

y me entregaron ellos.

¿A quién rendirle cuentas?

¿A quién?

decidme

¿a quién?

 

.

 

Claribel Alegría (born 1924, Nicaragua/El Salvador)

“La Malinche”

 

Here I am

In “the dock”…

They say I’m a traitor,

Who have I betrayed?

I was just a little girl

When my father

(that is, my stepfather)

Fearing that his son

Would not inherit his lands

– lands to which I was entitled –

led me away to the south

And handed me over to strangers

Who didn’t speak my language.

I stopped growing in that tribe,

I served as slave.

And white people arrived

And I was handed over to them.

What does the word betrayal mean to all of you?

Wasn’t I the betrayed one?

Who of my people came to my defence

When the first white man violated me,

When I was made to kiss his phallus,

Down on my knees,

When I felt my body torn

And my soul right next to him?

Loyalty you demand of me

When I have not even been able to be true to myself.

Before blooming

I was already dessicated by Love.

There’s a child in my womb

who never saw the light.

In what way did I betray my homeland?

My country is my people

– and they abandoned me.

Who will account for that?

Who?

All of you, tell me – who?

 

 

Alegría translation from Spanish into English:   Alexander Best

_____

La Malinche – born Malinalli, of Nahua parentage, in 1496 – was sold as a teenager by her mother and step-father to slave-traders – from whom she learned the Mayan language.  She ended up as one of many “gifts” to recently-arrived “conquistador” Hernán Cortés, in 1519.  She proved invaluable to him;  her knowledge of both Náhuatl (the language of the Aztecs’ Empire) and of the neighbouring Maya meant that she could interpret for Cortés in his dealings with officials of both Peoples, thereby gaining the upper hand for Spain.  Her fluency in Spanish soon followed, and in 1522, Doña Marina (her Christian baptism name, with the word “Lady” (Doña) before it) or Malintzin (as she was called respectfully by the Nahuas) bore a son by Cortés.  His name was Martín, and he is said to symbolize the first true Mexican, being “mestizo” (“mixed race” of white/amerindian).  Historians are in disagreement over the date of Malintzin’s death – 1529 or 1551.  At any rate, Cortés was an ambitious and greedy man-in-a-hurry and he did not remain with Malintzin;  yet she had been supremely useful to him – and to “el Imperio español”/The Spanish Empire, which was then in its initial surges of power.

Like The Virgin of Guadalupe La Malinche is a cultural icon in México – but unlike “Our Lady” she is also viewed negatively.

While she is seen as the “womb” of Mestizaje – the on-going union of different races and cultures – she is also, unfairly many contemporary scholars believe –  a symbol of the “betrayal” of Indigenous Peoples – the Mexicas, the Tlaxcalans, the Totonacs, the Chichimecas – the lot.

The flashpoint is her multilinguality:  ¡Traductora, traidora!  Translator — Traitor!

This is a great deal for one woman to bear.  And poets Rosario Castellanos and Claribel Alegría understand such a fact – so they have allowed Malintzin to “speak” in our era instead of only “interpreting” for others in centuries past…


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